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Le début du crépuscule des dieux !

24 août 2011

Le début du crépuscule des dieux !

L’avocat français Bourgi confirme : « Karim Wade m’a réveillé en pleine nuit pour que l’armée française intervienne au Sénégal… » (RFI, le 07/07/2011, infos de 04:30 GMT). Est-ce le début du crépuscule des dieux !

Pour ceux qui auraient manqué le film ! Nous disions, au cours d’une interview parue dans le journal congolais La Rue meurt N° 699 du vendredi 1 juillet 2011, que la propagation du printemps arabe en direction de l’Afrique subsaharienne est inévitable parce que « dans la plupart des pays africains subsahariens, les jeunes sont en proie aux mêmes préoccupations que ceux des pays du Maghreb, comme la Tunisie de Ben Ali ou l’Egypte de Hosni Moubarak, pour l’accès aux droits constitutionnels. Au niveau des présidents, il y a cette même tentation de vouloir faire succéder à la présidence de la République leur rejeton. Le cas patent du président Wade en est la preuve en bravant le Peuple sénégalais avec son ticket présidentiel dont la finalité consubstantielle était l’accession in fine de son fils à la présidence de la République surtout qu’il venait de tancer son vieil et complice ami Kadhafi à Benghazi « je te regarde droit dans les yeux, plutôt tu partiras mieux ça vaudra ! » ; la réaction des Sénégalaises et des Sénégalais pour exiger le retrait du projet "Président/Fils-Président" par la contestation triomphale du 23 juin ouvre la propagation du printemps arabe en Afrique subsaharienne avec la bénédiction du président Wade ! »

Après le retrait du ticket voulant instaurer le fils du président Wade futur président du Sénégal, il y a eu de la tornade à cause des délestages récurrents… et là, le fils Wade aurait pété les plombs ! Au lieu de trouver des solutions idoines pour que chacun ait de l’électricité, il a trouvé mieux : appeler en pleine nuit l’avocat français Bourgi c’est-à-dire la France en recours afin que l’armée française intervienne au Sénégal. Or Bourgi, homme de relais et de liaison entre la France et les présidents africains, rechigne. Mais Karim Wade insiste car il sait que les « avis/conseils » de l’ami Bourgi (puisqu’il le réveille en pleine nuit) sont paroles d’Evangile auprès de la Maison-Mère. Mais pis, l’avocat français confirme : « Karim Wade m’a réveillé en pleine nuit pour demander avec insistance que l’armée française pourrait intervenir… » sur RFI aux infos de 04:30, le 07/07/2011 ; en réponse et réaction, le président Wade se borne à dire « je tirerai les conséquences ! » Lesquelles ? Son départ de la présidence de la République car le Peuple sénégalais ne va plus le laisser tranquille… ou déshériter son fils ?

Question : Pourquoi l’avocat Bourgi s’est-il précipité à balancer Karim Wade ?

Réponse : C’est la fin des haricots !

TRADUCTION. L’Europe a pris l’engagement d’en finir avec les dictateurs y compris ceux de l’Afrique subsaharienne. Souvenez-vous du message clair comme l’eau de roche que la Communauté internationale avait adressé à tous les potentats de l’Afrique subsaharienne au moment fort de la crise ivoirienne, de l’avènement du printemps arabe suite à la révolution de Jasmin. Le premier à avoir mis en garde ses pairs est le tout frais émoulu président de la Guinée élu démocratiquement, Alpha Condé, qui au cours d’une conférence de presse à Radio France Internationale (RFI), le 9 mars 2011, déclare « ce n’est pas un printemps arabe, c’est le vent du changement qui doit toucher toute l’Afrique y compris l’Afrique subsaharienne afin qu’elle devienne le partenaire que le monde attend. Tous les présidents africains ne sont pas à l’abri de ce vent du changement ; le vent de changement doit aussi toucher l’Union Africaine pour qu’elle fonctionne normalement. »

S’en est suivi, le président des États-Unis, Barack Obama engageant « tous les dictateurs africains de partir » ; puis la France, par la voix du Premier ministre, François Fillon, a renchérit fermement devant l’Assemblée nationale « que la période des statu quo est finie ; ceci doit être un exemple pour tous les dictateurs qui doivent partir » ; l’Union européenne n’était pas en reste avec les déclarations menaçantes de la vice-Présidente de la Commission européenne, Haut Représentant pour l’Union pour les Affaires Etrangères et la Politique de sécurité, Catherine Ashton martelant que « les dictateurs doivent s’en aller pendant qu’il est encore temps ! »

Comme le monde est devenu un village planétaire, alors l’ONU par la voix du président de l’Assemblée générale et ancien président de la Confédération suisse, Joseph Deiss, sur RFI le 5 juin 2011 confirme au cours de l’émission International la détermination de la Communauté internationale « tous les chefs d’Etat dictateurs sont avertis qu’ils doivent quitter sinon ils partiront d’une façon ou d’une autre ; dans ces conditions, ils répondront devant le Tribunal Pénal International (TPI) des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité dont ils se seraient rendus coupables. Les Etats-Unis, qui n’étaient pas favorables pour le TPI, ont demandé au procureur de traduire M. Kadhafi et sa famille et son entourage, cela a été fait rapidement. »

Pour montrer qu’ils sont tous sur la même longueur d’onde, la secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton à Addis-Abeba vient le redire devant l’Union africaine, le 13 juin 2011, en enfonçant le clou dans son discours « Après des années vécues sous une dictature, les gens exigent des dirigeants d’une nouvelle trempe ; là où ils ont été longtemps réduits au silence, ils exercent leur droit de s’exprimer, souvent à pleins poumons. Là où les emplois sont rares et où une toute petite élite prospère alors que le reste de la population tire le diable par la queue, les gens – en particulier les jeunes – expriment leurs frustrations au travers de leurs revendications sociales, économiques et politiques. Leur message est on ne peut plus clair : le statu quo est fini ; les vieilles méthodes de gouvernance ne sont plus acceptables ; il est temps que les dirigeants rendent des comptes, qu’ils traitent leur peuple avec dignité, qu’ils respectent ses droits et qu’ils produisent des débouchés économiques. S’ils s’y refusent, il est temps qu’ils tirent leur révérence. Les États-Unis s’engagent à soutenir les pays africains qui sont déterminés à construire un avenir libre, pacifique et prospère, une tâche certes difficile, mais gratifiante. Nous comptons sur des institutions telles que l’Union africaine, des institutions acquises à la démocratie et à la gouvernance, pour continuer d’encourager les pays à suivre cette voie, faute de quoi ils risquent de se retrouver plus isolés que jamais. [Rires, Applaudissements]. »

QUESTION. Pourquoi les présidents africains ont-ils ri et applaudi le discours qui les menace directement ? Est-ce par réflexe du temps du PCUS ou peut-être, pensaient-ils que le discours ne les concernait pas tout simplement alors qu’Hillary Rodham Clinton leur disait en terme élégant : « Messieurs, vous allez être tous virés si vous ne partez pas de vous-mêmes ! »

DE LA PAROLE A L’ACTE. Après les premières secousses de l’Angola 7 mars dernier qui ont fait fuir Dos Santos pendant 48 heures de son pays, les répliques de faible amplitude à répétition s’observent au Burkina Faso qui ont poussé le président Blaise Compaoré à reprendre en main l’armée tout en se réfugiant dans son village natal. Après avoir trahi son vieil et complice ami Kadhafi à qui il a signifié de prendre sa retraite pendant qu’il est encore temps à Benghazi « je te regarde droit dans les yeux, plutôt tu partiras mieux ça vaudra ! », il a eu non seulement le retour de manivelle avec l’exigence du Peuple sénégalais pour le retrait de son ticket "Président/Fils-Président", il vient de recevoir par la confirmation des faits par l’avocat français Bourgi son ticket de départ ! Seule la date reste à fixer mais supputons que l’opposition et la société civile sénégalaises sont déjà en pleine concertation pour la classe : en "Première", en "Affaire" ou "façon Ben Ali" !

Après le Sénégal, à qui le tour… ?

Là où l’Union Africaine se tâte, hésite avec la palabre inutile, les autres agissent…

Au cas où on l’ignorerait : la Communauté internationale n’a qu’une seule parole !

Modeste BOUKADIA

Billet du 07 juillet 2011 sur www.facebook.com ; www.congo-sangha.com ; https://musitsundi.wordpress.com

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